• Urdryamnash du Chaos

    Urdryamnash (esquisse)Urdryamnash

    « Ereshkidal la remarqua immédiatement. Grande, mince, élancée, elle était une créature céleste, offrant un saisissant contraste avec l’architecture lourde du fortin. Peu de femmes se hasardaient seules jusqu’à un avant-poste de la Guilde des Mercenaires; celle-ci devait être dans une grande détresse… Il se rapprocha d’elle après avoir mis pied à terre, contemplant son dos étroit et la forme de sa nuque. Elle dut l’entendre car elle tourna légèrement la tête vers lui, dévoilant son profil au traits fins et nobles.
    -Puis-je vous aider, ma dame ?
    Elle sourit…
    -Ma « dame »… Cela fait bien longtemps que l’on ne m’a pas appelé ainsi…
    Il se retourna et Ereshkidal vit immédiatement l’Etoile du Chaos sur sa joue droite, son regard vairon, cruel et glacial que complétait parfaitement sa voix grave, profonde et inquiétante. Il retint à grand peine un frisson de terreur, mais l’autre remarqua immédiatement son trouble.
    -Je vois… Mardanh a eu la délicatesse de masquer son aura pour ne pas t’effrayer… Mais hélas pour toi, je ne ferai pas preuve de la même courtoisie à ton égard…
    -Tu es… Urdryamnash…
    -Oh… là aussi, cela faisait longtemps que l’on ne m’avait pas appelé ainsi… »


    Puisqu’il a été récemment questions des dieux des Terres Lacérées et plus particulièrement de Rodinia, voici le premier que je voudrais vous présenter. Car il s’agit bien d’un homme, même s’il aime se faire passer pour une femme, qu’il aime tout autant semer le doute et la confusion dans l’esprit de ses victimes, qu’il est maître des faux-semblants et des illusions…

    Mais il est avant tout Urdryamnash, le Dieu du Chaos des Terres Lacérées, maître incontesté d’Oblivion, le dieu que vénère Odessa…
    J’ai longtemps pensé à son apparence… Le résultat était sans appel: il ne pouvait avoir une seule apparence. Il incarne le Chaos, il peut ressembler à tout et n’importe quoi. Celle-ci est l’apparence qu’il utilise le plus. Dans toutes les autres, ils conservent le tatouage et le regard vairon (je trouve que l’hétérochromie est une particularité qui sied vraiment à un être chaotique). Sa « véritable » apparence est elle réellement terrifiante et répugnante…

    Il est un peu inspiré par Slortar du cycle d’Elric, un dieu du Chaos immensément vieux mais doté d’une apparence juvénile. Au début j’ai réfléchi à ce qui pourrait incarner le Chaos; quelque chose de dangereux, pervers, malicieux… Un grand démon, musclé et viril ne me paraissait pas la meilleure idée. Odessa étant à la fois une femme splendide et une prêtresse du Chaos, son dieu se devait d’être au moins aussi beau et séduisant.

    Urdryamnash est quelqu’un de raffiné, élégant et terriblement dangereux et cruel… Il use de son pouvoir de séduction pour obtenir ce qu’il veut, a comme passe-temps de torturer des innocents pour son seul plaisir; il oscille toujours entre folie destructrice et périodes où il est parfaitement sain d’esprit. Il incarne une des faces les plus noires et maléfiques du Chaos; imprévisible, son esprit est incapable de se fixer une ligne de conduite définie, ce qui lui plaît un jour devient à ses yeux une hérésie dans les heures qui suivent, rien ne semble capable de le satisfaire pleinement, il peut offrir à ses disciples un immense pouvoir mais il est également capable de les châtier pour une broutille. La seule qui trouve grâce à ses yeux (et qui semble pouvoir lui tenir tête) est Odessa. Il en a fait sa prêtresse préférée, elle est une des seules à pouvoir l’invoquer à l’envi, il ne répugne jamais à l’aider dans ses entreprises…

    Spoiler:
    Ce comportement est une facette des plus cruelles d’Urdryamnash qui sait parfaitement qui est Odessa et ce qu’elle peut lui apporter. Bien qu’on le considère comme un des Primordiaux, Urdryamnash n’est pas lié à El mais à Asherah; il représente le Chaos destructeur. Il a donc divisé son pouvoir en 8 (8 étant le chiffre du Chaos) avatars, 8 personnalités, 8 êtres qu’il va ensuite patiemment et méticuleusement éliminer afin de récupérer sa toute-puissance… Et pour cela il n’hésitera pas à se servir de ses « alliés », à les trahir… Ce qui en fait un des êtres les plus détestables et haïs des Terres Lacérées… Là où le paradoxe atteindra son point culminant, c’est dans le pourquoi des actes d’Urdryamnash….

  • Ange de Cristal

    Pixel Odessa par AngedeCristalPixel Ereshkidal par AngedeCristal
    Urdryamnash par AngedeCristalOdessa par AngedeCristal

    Et voici la première artiste, ayant participé au projet des Terres Lacérées, que j’ai le plaisir de vous présenter, j’ai nommé Ange de Cristal!
    J’ai été ravie de découvrir mes personnages non seulement dans un style manga des plus agréables mais également en version chibi, mignonne et animée! Cette artiste crée de véritables petites merveilles de pixels (avatars, icônes, personnages grand et petit format…), produit des travaux mangas absolument fantastiques et merveilleusement détaillés mais c’est également la créatrice d’un univers et de personnages originaux captivants!

    Je ne saurais donc que vous recommander chaudement de découvrir sa galerie! 🙂

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    Et voici la participation de cette adorable artiste pour mon concours! Une scène super mignonne mais c’est surtout le texte qui l’accompagnait qu’i m’a fait mourir de rire:
    Il était une fois une Ange et une Prêtresse qui ne pouvaient pas se blairer, au point de s’envoyer des piques à la moindre occasion. Surtout que la Prêtresse était une vielle peau, ce que l’Ange n’hésitait pas à faire rappeler.
    Alors, pour se venger, la Vielle Peau Prêtresse envoya le type-au-nom-imprononçable-à-l’-ortho-impossible draguer l’Ange.
    L’Ange aimait bien les types séducteurs aux allures de nana.
    Le Type était le Roi du Chaos et de la Destruction, et pouvait de ce fait pas blairer les Anges.
    Ainsi, la Prêtresse espérait enfin se débarrasser de la blondasse. Mais, l’Ange avait aussi un compagnon pas dupe, qui tenta de la prévenir du danger. Alors, la Prêtresse le dragua à son tour pour qu’il fasse pas échouer son plan.
    Le tout se termina en une magnifique partouze, pask’au final, c’mieux de faire l’amour que s’entretuer.
    Les gosses, personnes ne su ce qu’ils en firent. (Parce que dans le feu de l’action, z’avaient oublié les condoms)
    Fin.

    😀


  • Un peu de vocabulaire…

    Ouroboros et Chaos

    Ainsi que vous avez déjà pu le constater avec Rodinia, j’ai voulu réellement « personnaliser » mon univers, notamment en donnant des noms à sa monnaie, créer son propre calendrier, ses fêtes et célébrations, renommer les jours… Cela me permet d’avoir un monde plus cohérent (combien de jeux de rôles consoles et papier utilise une même monnaie sur des continents pourtant très éloignés…) et, en définitive, plus vivant.

    Les éléments qui vont suivre sont « théoriquement » communs à l’ensemble des continents des Terres Lacérées même si quelques particularités régionales peuvent apparaître.

    LE CALENDRIER
    (Chaque mois est composé de 5 sénaires, chaque sénaire dure 6 jours)
    • Janvier : Pluviose
    • Février : Ventose
    • Mars : Germinal
    • Avril : Floréal
    • Mai : Prairial
    • Juin : Messidor
    • Juillet : Thermidor
    • Août : Fructidor
    • Septembre : Vendémiaire
    • Octobre : Brumaire
    • Novembre : Frimaire
    • Décembre : Nivose
    • Octaire de la Neutralité, de l’Harmonie, de l’Équilibre

    -1er jour : Labor (travail)
    -2ème jour : Virtus (courage)
    -3ème jour : Solertia (ingéniosité)
    -4ème jour : Fides (loyauté)
    -5ème jour : Opinio (opinion)
    -6ème jour : Merces (récompense)

    Il est évident que pour les mois, vous aurez reconnu le calendrier révolutionnaire. J’ai toujours aimé la sonorité que ces noms avaient et je les trouve plus parlants que ceux qui sont les nôtres aujourd’hui. Les Terres étant intimement liées au cycle de la Nature, il m’apparaissait normal d’avoir des noms évoquant aussi bien le climat que les récoltes.
    Les noms des jours sont en latin, ils évoquent pour moi des qualités et des vertus inhérentes aux êtres vivants, aux travailleurs, aux personnes qui décident de vivre leur existence de la manière la plus « noble » possible.
    « Senaire » vient du latin « senarius » signifiant « composé de 6 », je ne voulais en effet pas d’une semaine de 7 jours… Inconsciemment cela s’est révélé plutôt une bonne idée.
    A la fin de l’année, il y a également un octaire (« composé de 8 ») lié à l’Équilibre, à la Neutralité; c’est un concept auquel je suis particulièrement attachée pour les Terres… J’essaye de toujours garder un juste milieu des forces en présence et d’aménager des lieux/moments de parfaite neutralité (ils sont pour moi, mais également pour mes héros, source d’apaisement).
    Un dernier point concernant le calendrier et le décompte des années: si l’on admet généralement que l’an 0 des Terres Lacérées commence avec les Fracture (sachant que le monde avait déjà plusieurs millénaires d’histoire derrière lui), les Humains utilisent un décompte des années qui leur est propre (et qui m’arrange, je ne vais pas le cacher), inspiré notamment de l’Égypte Ancienne: au lieu d’additionner les années qui passent, ils comptent les années des dynastie royales et reviennent à 0 à chaque changement de roi (donc forcément, il y a une pluralité de calendriers humains). Cela permet une plus grande liberté dans la datation et quelques erreurs (étant donné que je ne suis pas franchement très minutieuse avec ce genre de détails hem, hem…)

    LES SAISONS
    • Printemps : Vernum
    • Eté : Aestas
    • Automne : Autumnus
    • Hiver : Hyems

    Là encore du latin, il s’agit des anciennes dénominations des saisons, telles que je les ai trouvées sur un vieux planisphère.

    LES CÉLÉBRATIONS
    • 1er ventôse : fête d’Imbolc : fécondité, lait des brebis
    • 14 ventose : fête des Amoureux
    • 21 germinal : fête d’Ostara : équinoxe de Printemps
    • 1er prairial : fête de Beltaine : cycle de la vie et de la mort, feux
    • 21 messidor : fête de Litha : solstice d’Eté : jour maximum
    • 1er fructidor : fête de Lughnasa : lumière
    • 21 vendémiaire : fête de Mabon : équinoxe d’Automne
    • 1er frimaire : fête de Samain : à la pleine lune début et fin de l’année pastorale, esprits
    • 21 nivôse : fête de Yule : solstice d’hiver : nuit maximum

    Évidemment, il est ici fait référence aux fêtes « païennes » et notamment celtiques les plus connues et les plus emblématiques. Je ne pouvais pas ne pas les inclure dans l’univers des Terres Lacérées. Il en existe bien d’autres qui sont elles propres à l’univers des Terres Lacérées et que je présenterai au fur et à mesure plus en détails 🙂

    LES POINTS CARDINAUX
    • Nord : Septentrion
    • Sud : Midy
    • Est : Orient
    • Ouest : Occident

    Encore et toujours du latin (et les anciennes dénominations) pour finir, cette langue étant une langue racine du français, je dois admettre que j’en use et abuse dans mon univers (et 5 ans de latin à l’école aident aussi à apprécier cet idiome…).


  • Des Dragons…

    Bébé dragon

    Parce qu’ils font partie intégrante des mythes fondateurs des Terres Lacérées, les Dragons ont été les victimes des pires préjugés et ont donné naissance à nombre de poncifs absurdes et autres lieux communs éculés.
    J’ai donc décidé de leur consacrer un paragraphe de mon journal afin de tenter de rétablir un semblant de vérité voire d’annihiler une bonne fois pour toutes les stéréotypes que l’on pourra trouver dans des légendes erronées.

    A commencer par ce qui motive les quêtes de jeunes gens inexpérimentés et cupides: les Dragons ne possèdent pas de trésors, ils ne thésaurisent pas des sommes indécentes, ils n’ont même aucune notion de la valeur des pierres ou des métaux précieux. Quant à dévorer des jeunes princesses vierges… Les Dragons ont par contre un esprit revanchard et d’analyse très poussé: à une époque lointaine où les nobles les chassaient pour le sport ou par simple bêtise (l’un n’excluant pas l’autre), les Dragons comprirent vite que les seigneurs tenaient infiniment à leurs descendants (mâles de surcroît), aussi pour faire cesser ces traques, prirent-ils ces jeunes princes en otage, négociant leur tranquillité contre la vie de ces héritiers. Bien entendu, la mentalité phallocrate des diverses lignées royales a préféré occulté le fait que de vigoureux jeunes hommes aient été enlevés pour, au fil des contes, les remplacer par d’innocentes jeunes filles…

    Les Dragons connaissent la société des humanoïdes car eux-mêmes possèdent une civilisation aux codes stricts, aux règles immémoriales. Bien que vénérant le Démiurge qui leur a donné la vie, les Dragons possèdent leur propre panthéon avec à sa tête le couple des Aînés, les Dragons Blancs, Draelgaesyr et Kaleemshtraaza, dont la progéniture se compose de deux Dragons des Ténèbres (Krestoarlyen et Mneroengaled), deux Dragons de la Lumière (Ashumogarod et Vazkin’Daren) et deux Dragons des Ombres (Mensadyram et Zyaraeldyniz). Aux premiers temps du monde, ceux-ci ont édicté des lois toujours en vigueur aujourd’hui. Conscients de leur puissance, des dons qui leur avaient été accordés par le Démiurge, ils espéraient ainsi garder une distance nécessaire avec les humanoïdes, éviter leur ressentiment par la peur qu’ils auraient pu créer chez eux, ne pas faire un usage despotique de leurs fabuleux pouvoirs.

    La plupart des gens sont par exemple persuadés que tous les Dragons possèdent un souffle de feu dévastateur. Dieu, merci, ce n’est pas le cas! Le feu ne peut être maîtrisé que par des Dragons liés à cet élément. En effet, cette race suit de très près le schéma élémentaire primordial:
    Les quatre éléments de base sont l’Eau, la Terre, le Feu et l’Air.
    L’Eau et l’Air donnent naissance à la Glace, la Foudre est issue du Feu et de l’Air, l’Eau et la Terre créent le Bois, le Métal est engendré par l’union du Feu et de la Terre. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les éléments antagonistes Air/Terre et Feu/Eau en créent également de nouveaux! Les premiers donnent naissance au Sable et les seconds aux Brumes.

    Il en va donc de même pour les lignées draconiques. Les couvées de parents mixtes pouvant donner naissance, par un délicat jeu d’héritage naturel, à des Dragons issus des éléments primordiaux.

    La Lumière, les Ténèbres, les Ombres sont des cas à part; ces espèces « teignent » en quelque sorte les autres lignées, leur conférant des pouvoirs, des compétences qu’elles sont les seules à posséder. Leur relative discrétion en fait des êtres difficilement observables, je n’ai donc pas énormément de précision à leur sujet.

    Ce qui me ramène aux souffles de ces créatures.

    Les Dragons d’Eau vous inonderont sous un déluge d’eau brûlante (en réalité vous pourriez bien être cuit avant de vous noyer, tout dépend de votre résistance) et les Dragons de Feu, en effet, vous brûleront vif, cela reste relativement classique. Le Dragon de Terre ne possède pas à proprement parler de souffle: il s’agit d’un rugissement sonore dépassant tout ce que vous auriez pu imaginer en terme de cacophonie (et qui vous laissera probablement sourd jusqu’à votre mort), profond, puissant, dans des graves terriblement basses, allant jusqu’à générer des tremblements de terre lorsqu’il s’agit d’individus très anciens. Les Dragons de l’Air ont développé un souffle assez prodigieux se matérialisant sous la forme d’une onde de choc qui vous laissera, à coup sur, assommé. Il faut avoir contemplé ce phénomène pour en comprendre l’ampleur et le danger: j’ai vu un village rasé en quelques secondes par les souffles conjoints d’un couple dont des mercenaires avaient eu la mauvaise idée de subtiliser les oeufs.
    Les Dragons de Bois sont une belle exception au cliché du souffle puisqu’ils n’en possèdent aucun! Heureusement, ils disposent de moyens de défense, d’attaque et surtout de camouflage (incroyable mimétisme naturel!) qui pallient cette « tare ». Les Dragons de Métal sont le pendant aigu des Dragons de Terre, leur rugissement déchirant paralyse leurs adversaires en s’attaquant à leur système nerveux via leur nerf auditif. C’est une torture assez innommable que d’entendre un de ces Dragons entonner son chant nuptial… Heureusement les Dragons de Glace possèdent un souffle des plus silencieux qui se contente de littéralement vous frigorifier. Celui des plus vieux représentants de leur espèce parvient à faire geler votre sang… Quant aux Dragons de Foudre, ils vomissent généralement un flot de plasma sur leurs ennemis, entraînant une mort rapide, sans douleur.
    Les Dragons de Sable ne possèdent pas de souffle à proprement parler mais ils ont la capacité de déclencher les tempêtes éponymes grâce au battement de leurs ailes combiné à leur rugissement (ils ont en outre la capacité de se scinder en une multitude de particules pour se recomposer quelques mètres plus loin); les Dragons des Brumes eux sont avant tout les maîtres du camouflage et de l’illusion et leur souffle sert généralement à égarer les imprudents qui se hasarderaient sur leur territoire… sans espoir de retour…

    Là encore, Ténèbres, Lumière et Ombres sont particulières. Les Dragons de Lumière émettent un rayon communément appelé « feu sans fumée », il s’agit de la même matière constitutive des Djinns: une chaleur lumineuse qui a dépassé depuis longtemps le stade du « brûlant ». Les Dragons d’Ombre exhalent un nuage de poison organique qu’aucun charme ne vous permettra de contrer, tout comme les Dragons des Ténèbres et leur souffle d’acide qui corrode absolument tout. Les Aînés quant à eux produisent un souffle de pur Ether, une arme terrible de la plus fondamentale source magique. Il va sans dire que ces espèces sont les plus dangereuses en terme de souffle: ceux-ci sont immatériels donc totalement imparables.

    Vous voyez donc que le souffle est affaire d’identité et qu’il vaut mieux savoir à quel Dragon on a affaire si l’on veut avoir une mince chance de se protéger.
    Mais les cliché ne s’arrêtent pas là: les Dragons sont tous ailés. Faux! On n’a jamais vu un Dragon de Terre s’envoler, leurs ailes étant, au mieux, atrophiées quand elles ne sont pas inexistantes. Ils sont tous gigantesques. Grotesque! J’avais un compagnon de route qui possédait comme familier un Dragonain: malgré tout ce que celui-ci engloutissait comme victuailles, il n’a jamais dépassé la taille d’un gros chat. Il existe bien d’autres sous-espèces méconnues de Dragons comme le Dragon des Marais (que l’on considère comme lent, pataud, à cause de la végétation qui finit par pousser sur sa carapace, attendez juste qu’il décide de vous courser), le Dragon des Constellations (une merveille issue du plan du Chaos dont les ailes montrent les réalités alternatives)…

    On a souvent dit que manger le coeur d’un Dragon conférait un courage sans borne: j’imagine que c’est le courage qui permet de manger une telle viande qui se révèle amère comme du fiel. De même, jamais vous ne connaîtrez le langage des oiseaux en dévorant une langue de Dragon, tout au mieux vous serez cloué au lit pendant deux sénaires avec d’atroces douleurs à l’estomac. On parle aussi du sang qui, si on s’y baigne, confèrerait l’invincibilité. Ceci n’est qu’une erreur d’interprétation.

    J’en viens maintenant à un point précis et méconnu. On associe chaque espèce à un métal et une gemme: Aînés (Platine/Diamant), Ombres (Electrum/Obsidienne), Lumière (Or/Opale), Ténèbres (Argent/Onyx), Eau (Tantale/Saphir), Feu (Rutile/Rubis), Terre (Bronze/Émeraude), Air (Palladium/Cristal), Foudre (Chrome/Célestine), Bois (Airain/Ambre), Métal (Mercure/Améthyste), Glace (Étain/Azurite), Sable (Cuivre/Agate), Brumes (Stibine/Aigue-marine). Les gemmes sont issus des larmes des Dragons et renferme une infime fraction de leur esprits; bien qu’existant naturellement dans l’environnement, les pierres lacrymales sont les plus recherchées, car douées de propriétés magiques sans commune mesure. On les retrouve fréquemment enchâssées dans des armes magiques dont la notoriété n’est plus à faire. Il est également arrivé dans les temps anciens que les Dragons eux-mêmes décident d’offrir spontanément leurs larmes à une personne qui leur était chère; celles-ci, loin d’être favorablement accueillies par les populations, ont très souvent été jalousées, enviées… voire massacrées. Et il va sans dire qu’une partie de ces privilégiés ont vu cette incroyable source de puissance leur tourner la tête… Le métal quant à lui est lié à une spécificité physique des Dragons. Tout le monde a entendu parler des dracontites (ou draconites), pierres supposément situées dans la tête du Dragon qu’un preux chevalier devait extraire de la bête vivante pour jouir de ses pouvoirs. La dracontite en tant que pierre n’existe pas. C’est un élément constitutif du sang de cette race. Cet élément permet d’assimiler un métal dans le cruor. A la mort du dragon, la dracontite solidifie peu à peu le métal. Le corps finira par disparaître, recouvert par les sédiments mais le métal lui existera toujours. C’est pour cela que les Nains ont l’habitude d’adresser une prière aux Dragons lorsqu’ils découvrent une riche veine dans leur caverne: celle-ci pourrait très bien provenir d’un Dragon mort, aussi honorent-ils son souvenir et le remercient-ils de ce don… C’est une coutume honorable, belle et très respectueuse que très peu d’êtres comprennent mais que beaucoup devraient imiter…


  • Crépuscule…

    Dragon des Constellations

    « C’était une douce fin d’après-midi d’été et seuls quelques nuages troublaient l’harmonie du ciel… Je m’apprêtais à quitter Nemta-do-Shin et Oblivion afin de regagner mes pénates pour consigner mon extraordinaire voyage sur le plan du Chaos. Soudain, j’eus l’impression que la nuit venait de brusquement recouvrir la Citadelle d’Opale. Mais lorsque mes yeux s’habituèrent à ce fantastique mirage, je compris alors pourquoi cette gigantesque place surplombant la ville avait été construite. Elle qui avait nourri tant d’interrogations, si désespérément vide et, à mon sens, inutile devenait le piédestal idéal pour la formidable apparition que j’eus l’immense honneur de contempler. Mon guide m’expliqua que cette femelle de Dragon des Constellations venait se poser ainsi tous les soirs, comme si elle bénissait la nuit de la Citadelle et ne repartait qu’avec les premières lueurs de l’aube. Celle-ci déploya ses ailes sur lesquelles semblait danser un incroyable ciel nocturne. Et je compris… je compris toute la puissance des êtres du chaos dont cette dragonne me faisait une singulière démonstration. Ce n’était ni une illusion, ni un mirage, mais bien une de ces myriades de réalités alternatives auxquelles les forces du Chaos pouvaient donner accès. La créature me montrait ainsi ce qui aurait pu être à cet instant précis… »
    Carnets de l’Errant, VIII, 7.


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